Dimanche 22 avril, les résultats tombent. Bayrou n'atteint pas le second tour, mais triple son score de 2002 avec 18,57%. Il devient alors la coqueluche de l'UMP et du PS, et celui qui était la girouette méprisable du premier tour devient l'ami de toujours du second tour.
Dès lors, la question est: comment va se comporter Bayrou vis à vis des deux autres candidats?
Il choisit de profiter de cet élan du premier tour pour rester en avant de la scène au second tour. Un comportement que l'on peut lui reprocher, mais qui aura au moins le mérite de permettre enfin un débat d'idées entre Bayrou et Royal, le samedi 28 avril, Sarkozy ayant refusé, comme à son habitude. Ce débat permit de mettre en évidence des ressemblances et des divergences dans les idées de l'ex candidat et de la candidate. De quoi affirmer la politique de rassemblement de Bayrou, lui qui est le seul candidat a avoué ne rien pouvoir faire seul, mais avoir besoin des autres pour bien diriger le pays.
Puis, au lendemain du débat télévisé, grand prime de TF1 qui n'en a plus fait depuis la Star'AC, il déclare au Monde qu'il ne votera pas pour Sarkozy. C'est la seule erreur que j'aurais à lui reprocher pour cette campagne. Mais cette déclaration se perçoit davantage comme un avertissement, tout d'abord pour réaffirmer l'indépendance de Bayrou à l'UMP, mais aussi et surtout pour s'inscrire dans une opposition si Sarkozy était élu. Les opposants se sont hativement réjouis d'interpréter cette déclaration de Bayrou comme une trahison envers ses électeurs, espèrant rafler les 18% à leur candidat, en oubliant que ceux-ci sont à des degrés bien supérieurs à Bayrou en matière de manipulation et trahison politique.
Quoiqu'il en soit, j'attends avec impatience la création du Mouvement Démocrate. En espèrant que ce ne sera pas un parti mort né, mais au contraire, l'émergence concrète de l'élan qu'à susciter François Bayrou durant cette campagne.